l'envers des chosesMa première expérience de l'envers des choses date de bien des années. Je me promenais dans un bois avec un vieil ami quand nous avons trouvé un chêne tombé, arraché par le vent. Le géant abattu avait emporté dans sa chute une bonne partie de ses racines qui apparaissaient comme un couvercle à demi soulevé au-dessus du trou béant. Mon ami s'approcha et contempla le spectacle avec curiosité : "J'ai toujours l'impression, me dit-il, que je vais trouver là un trésor." En fait de trésor, il n'y avait que poussière, cailloux, feuilles mortes et insectes divers. Une partie de la terre argileuse restait collée dans l'entrelacs des racines, le reste garnissait le trou de mottes inégales, parfois juste posées, appelant le trésor absent de tout ce vide apparemment inutile. Plus jamais je n'ai pu me promener dans un bois sans contempler longuement l'envers des arbres arrachés, espérant toujours la trouvaille comme un enfant attend un œuf de Pâques.fiançailles

Bien plus tard, à force de regarder l'envers des arbres, de chercher des reflets dans l'eau des étangs ou dans les flaques des chemins, j'ai cessé de voir là des bois, de la boue, de la pluie, et j'ai aimé "ces gens à la tête verte" dont parle Stevenson. Cette population paisible qui certes, ne parle pas, mais vit autour de moi. Ces êtres uniquement occupés d'exister.

Envers, endroit, tout dépend du regard porté, de l'angle de vue.

Sur l'envers des choses, voire aussi  : http://www.noirdencre.net/

Dans les flaques