Il ne s'agit pas ici de faire un cours sur "l'éthique du care", ce dont je suis bien incapable, mais de souligner, en se fondant une fois de plus sur les mots, une habitude, un "pli" de notre société, qu'on peut apercevoir en écoutant parler les gens.

Ce pli nous vient lui aussi, comme le fameux "care" et probablement grâce à sa popularité, des pays anglo-saxons. Quand on est un peu branché, c'est tellement plus chic de quitter quelqu'un en lui lançant "prend soin de toi" (take care of you, ou take care tout court). Plus humain, plus chaleureux, moins prolo que de lancer "aller, bisous !" ou tout bêtement "au revoir" ou l'affreux "à plus".

En entendant cela, on se sent pris en compte, aimé, bercé… Quel bonheur ! On se soucie de moi, de ma conservation, de mon bien être… J'ai un véritable ami quelque part… Mais c'est justement "quelque part", n'importe où que ce tient ce précieux ami. C'est à tout vent qu'il répand son souci des autres. Jusqu'aux présentateurs de radio qui, familiers, vous lancent "prenez soin de vous" en terminant leur émission (France culture - Le Secret des sources). 
- De quoi se mêle-t-il, ce journaleux ?
- Mais c'est le care !
- Et c'est quoi, le care ?
Ce n'est pas l'amour du prochain, ce n'est pas le soin, ce n'est pas le genre, ce n'est pas la sollicitude… C'est un peu de tout cela mais bien plus, mais bien mieux, car nouveau, taillé sur mesure pour notre société du XXIème siècle, la nouvelle forme de charité (Oh ! Un gros mot !) qui vous va comme un gant si vous êtes branché : tous ensemble vers une société heureuse et solidaire !

… Prenez soin de vous !