Rédiger, relire, corriger, pour quel tarif ?

Les forums de professionnels de la rédaction sont pleins de déclarations décomplexées du genre "Personne n'a jamais contesté les tarifs que j'affiche" ou encore : "Il faut être au moins dans une fourchette de tant, sinon on discrédite carrément le métier de l'écriture en général !" Mais si on fait le tour des sites internet, on se trouve face à des tarifs qui vont du simple au décuple. Que faire ?

"Fais une moyenne" me disent les uns. Mais une moyenne de quoi ? Les uns comptent à l'heure, les autres à la page, voire au caractère. Beaucoup n'affichent pas leurs tarifs et proposent des devis (gratuits, ça va de soi). D'autre part, entre le travail d'un journaliste spécialisé dans un domaine précis et celui d'un écrivain public autoproclamé, il y a forcément un monde. Une moyenne entre la chèvre et le chou n'a guère de sens.

tarif horaire et rentabilité

"Calcule ton seuil de rentabilité et déduis-en un tarif minimum par heure de travail", me disent les autres. Quid, du temps passé à faire des comptes, écrire pour ce blog, farfouiller dans les réseaux internet pour tenter d'obtenir une visibilité sur le sacro-saint Google… ? Etant ma propre chargée de communication, ma responsable commerciale et ma comptable, j'ai du pain sur la planche, mais pas beaucoup sur la table du déjeuner au final !

Si je considère le problème du point de vue du client, ça ne s'améliore pas : annoncez à un particulier, amoureux du texte qu'il vient d'écrire, un tarif de correction orthographique de 2 € la page (soit 100 € pour un texte de 50 pages). S'il vous répond seulement vous aurez de la chance. Généralement, il disparaît dans les brumes de la toile sans plus de façons.

Ecrire pour en vivre ? Pas facile !

Les entreprises sont plus généreuses : les frais sont les frais et on a ou pas le budget pour les couvrir. Si son image ne souffre pas trop des fautes d'orthographe et des mots oubliés dans les phrases, l'entreprise ne s'adressera pas à moi. Si elle a besoin d'un peu plus de sérieux, 2 € sur une page qui lui en coûte beaucoup plus en heures de graphiste, d'agence de com., etc., ce n'est pas grand chose. Quoi qu'il en soit, l'entreprise annonce son prix. C'est à prendre ou à laisser.

Le plus grand scandale, ce sont les tarifs des correspondants locaux dans la presse. Il faut savoir que nos journaux locaux sont rédigés pour plus de la moitié par ce qu'on peut considérer comme des bénévoles puisqu'ils ne sont pas payés mais simplement défrayés. Pourquoi écrivent-ils donc ? Mais pour le plaisir d'écrire, pour faire connaître les activités de leur petit coin, pour faire plaisir à ceux dont ils font la promotion… Toujours plus intéressant comme loisir que la peinture sur soie, non ?

Mais à partir du moment où on en fait un métier, l'écriture devrait vous faire vivre. Conclusion ? Je me fixe comme objectif d'obtenir 30 € de l'heure pour le moment. De là à en vivre, il faudra attendre encore un peu. D'ici là, survivrai-je ?