Noir d'Encre

Un portrait, en couleur !

Semaine Allier Anne

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12 avril 2016

Encore l'envers des choses

l'envers des chosesMa première expérience de l'envers des choses date de bien des années. Je me promenais dans un bois avec un vieil ami quand nous avons trouvé un chêne tombé, arraché par le vent. Le géant abattu avait emporté dans sa chute une bonne partie de ses racines qui apparaissaient comme un couvercle à demi soulevé au-dessus du trou béant. Mon ami s'approcha et contempla le spectacle avec curiosité : "J'ai toujours l'impression, me dit-il, que je vais trouver là un trésor." En fait de trésor, il n'y avait que poussière, cailloux, feuilles mortes et insectes divers. Une partie de la terre argileuse restait collée dans l'entrelacs des racines, le reste garnissait le trou de mottes inégales, parfois juste posées, appelant le trésor absent de tout ce vide apparemment inutile. Plus jamais je n'ai pu me promener dans un bois sans contempler longuement l'envers des arbres arrachés, espérant toujours la trouvaille comme un enfant attend un œuf de Pâques.fiançailles

Bien plus tard, à force de regarder l'envers des arbres, de chercher des reflets dans l'eau des étangs ou dans les flaques des chemins, j'ai cessé de voir là des bois, de la boue, de la pluie, et j'ai aimé "ces gens à la tête verte" dont parle Stevenson. Cette population paisible qui certes, ne parle pas, mais vit autour de moi. Ces êtres uniquement occupés d'exister.

Envers, endroit, tout dépend du regard porté, de l'angle de vue.

Sur l'envers des choses, voire aussi  : http://www.noirdencre.net/

Dans les flaques

 

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30 septembre 2015

Histoires drôles-amères

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Extrait 1 

Un jour, Dieu eut envie d'aller faire un petit tour sur terre. Non pas qu'il s'ennuyât ; comment Dieu s'ennuierait-il ? Non. Il avait simplement envie de profiter un peu de sa création : "Si je l'ai faite, hein !" Mais où aller ? Par où commencer puisqu'il fallait bien commencer ?

"La Palestine ? Non. La dernière fois, ça s'est mal passé. Bien sûr, il fallait le faire. Je ne regrette rien. Mais tout de même, si ça n'avait pas été pour les hommes… Quel calvaire ! Cette fois-ci, je ferai juste une petite balade d'agrément ; une visite au jardin, en somme. Les étoiles, les galaxies, l'univers, j'ai tout agencé, tout fait pour que ça roule. Ça tourne, une vraie pendule ! Et la terre avec ses continents, ses océans, les pôles et les tropiques, les déserts et les forêts, et toutes ces espèces qui se mangent et se nourrissent les unes les autres ! Ça, c'est du travail ! Allons voir ça. Mais dans un endroit tranquille, civilisé. Et si j'allais en France ?"

Encore fallait-il se donner une forme humaine.

"Voyons, un bel homme… La trentaine ? Non ! Trop de mauvais souvenirs. Une bonne cinquantaine. Ou… une petite soixantaine ? Enfin, dans ces eaux-là. Quelque chose où je me sente bien…."

… Dieu en était là de ses réflexions quand il aperçut quelqu'un qui venait vers lui.

"Tiens, justement, voilà un homme ! Enfin, une femme. Bon, c'est pareil. Enfin, pas tout à fait, mais la différence est minime. C'est la variété qui compte, enfin l'espèce... Sinon l'espèce du moins la race, le genre… Zut ! La catégorie. Bon. Je me comprends." Pour faire diversion, il s'intéressa à la vieille femme qui descendait le chemin vers l'étang en grommelant, trop occupée de ses pensées pour l'apercevoir dans l'ombre. Arrivant près de lui, elle sursauta.

Extrait 2

… Assez content de ce petit essai de philosophie forestière, Dieu se remit en marche en sifflotant. Quelques instants plus tard, il entendit des aboiements de chien et quelques coups de fusil. Avant qu'il ait eu le temps de s'écarter, arrive un chien courant, le nez par terre, les oreilles battant l'air. Un coup de feu et le chien s'écroule, agité des derniers soubresauts de la vie qui le quitte. Au même instant apparaît entre les arbres un gros homme rougeaud, la carabine à la main :

- Putain de bordel de Dieu ! J'ai eu le chien ! Et qui c'est ce connard qui fait la statue dans mon bois ?

Visiblement, l'homme n'avait pas bu que du café avant d'aller à la chasse. Il semblait bien décidé à faire payer au visiteur importun le malencontreux coup de fusil qui avait abattu le chien. "Et un miracle, se dit Dieu, si je faisais un miracle ? Ça fait toujours de l'effet." Il étendit la main :

- Lève-toi et marche.

Aussitôt le chien se leva en agitant la queue et courut vers son maître qui l'accueillit d'un bon coup de pied dans les côtes :

- Tu faisais semblant, hein, charogne !

Son compte réglé au chien, l'ivrogne se retourna vers Dieu, brandissant sa carabine :

- Alors on braconne sur mes terres ? On tire sur mon chien ? On vole mon gibier…

On ne discute pas avec un ivrogne. Dieu disparut brusquement, laissant le pauvre homme jurer de mettre désormais de l'eau dans son pastis les jours de chasse...

 

Un arbre qui part en voyage, un autre qui demande à sa propriétaire de l'épouser, les accès de "philosophie forestière" de Dieu en visite d'agrément en France… le monde mis en scène dans ces Histoires drôles-amères n'est pas seulement étrange et comique, mais aussi léger avec "Les revenants", angoissant avec "Le Marcheur de la rue grise", surprenant avec "Le Marchand et la mort", dramatique avec "La Bête". Dans ces seize histoires courtes, c'est la vie quotidienne des êtres humains qu'on voit défiler, mais racontée par des personnages inattendus : un petit rat qui veut mener joyeuse vie, une martre qui en a trop profité, une femme que son propre portrait fascine, des arbres qui parlent et des pierres qui crient...

14€ sur commande dans n'importe quelle librairie ou sur internet (Amazon, FNAC)

 

Éditeur : Adéquat éditions. ISBN.978-2-36349-019-3

 

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15 octobre 2014

Philosophie Gourmande change de look

Je suis très fière de la confiance que m'a faite Philosophie Gourmande en me confiant une mission importante à l'occasion de la sortie de son nouveau site : célébrer chacun de ses gâteaux par un petit texte en son honneur. Pour vous donner envie d'aller voir, et surtout de commander votre dessert ou votre goûter, je vous en donne ici quelques bribes :

gateau-cadeau

Le P'tit philo, la vedette du gâteau artisanal

Sur un luxueux parquet de Trésor, les mannequins défilent avec les modèles de la collection. Chacun d'eux est un gâteau artisanal, un produit de haute couture ! Le Financier amande ouvre le bal. Ce n'est pas une présentation guindée où l'on marche en croisant les pieds avec un visage fermé. Non. Il s'avance d'un pas léger, un sourire aux lèvres, fait un petit tour, esquisse un pas de danse, et le suivant est déjà là. La sucette Pina se dandine joyeusement au rythme...

Pour connaître la suite, rendez-vous sur le site de Philosophie Gourmande !

 

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Le Diamant chocolat, un joyau tombé du ciel

Il était une fois un jeune roi qui se mourait d'amour pour une belle princesse. Pour la conquérir, il lui écrivit une lettre enflammée accompagnée d'un diamant magnifique. La belle était fantasque, elle lui fit savoir qu'elle ne portait que des diamants roses. Le roi était fort riche, il envoya un diamant rose. La belle voulut l'éprouver : finalement, elle préférait les diamants jaunes. Elle eut son diamant jaune. Elle était donc  aimée ? Pas tout à fait convaincue, elle suggéra un diamant noir. Que faire ?...

La suite sur le site...

Les photos sont de Philippe Robert, qui n'est pas seulement pâtissier...

 

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05 mars 2014

Caravane littéraire d'Yzeure

caravane littéraire

 

L'association Pré-Textes organise le 30 mars, une "Caravane littéraire" au Carré d'Yzeurespace à Yzeure, de 14 h 30 à 19 h. 

J'aurai l'honneur d'y faire une (brève) conférence sur le thème "L'orthographe, expertise ou snobisme". Vous pourrez aussi y trouver mes deux ouvrages, Gens de l'Allier et Des Visions et des Songes, rencontrer des membres de l'association Apocope (atelier d'écriture à Yzeure tous les mardis soirs, 18 h 30, Maison des Jumelages), discuter avec des auteurs qui présentent et dédicacent leurs livres, participer à des ateliers "manga" et "origami". admirer des photos de Yohann Naudy, écouter une autre conférence, de Stéphane Maltère, sur Mme de Sévigné, etc... 

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13 juin 2013

Au nom du "care"


Il ne s'agit pas ici de faire un cours sur "l'éthique du care", ce dont je suis bien incapable, mais de souligner, en se fondant une fois de plus sur les mots, une habitude, un "pli" de notre société, qu'on peut apercevoir en écoutant parler les gens.

Ce pli nous vient lui aussi, comme le fameux "care" et probablement grâce à sa popularité, des pays anglo-saxons. Quand on est un peu branché, c'est tellement plus chic de quitter quelqu'un en lui lançant "prend soin de toi" (take care of you, ou take care tout court). Plus humain, plus chaleureux, moins prolo que de lancer "aller, bisous !" ou tout bêtement "au revoir" ou l'affreux "à plus".

En entendant cela, on se sent pris en compte, aimé, bercé… Quel bonheur ! On se soucie de moi, de ma conservation, de mon bien être… J'ai un véritable ami quelque part… Mais c'est justement "quelque part", n'importe où que ce tient ce précieux ami. C'est à tout vent qu'il répand son souci des autres. Jusqu'aux présentateurs de radio qui, familiers, vous lancent "prenez soin de vous" en terminant leur émission (France culture - Le Secret des sources). 
- De quoi se mêle-t-il, ce journaleux ?
- Mais c'est le care !
- Et c'est quoi, le care ?
Ce n'est pas l'amour du prochain, ce n'est pas le soin, ce n'est pas le genre, ce n'est pas la sollicitude… C'est un peu de tout cela mais bien plus, mais bien mieux, car nouveau, taillé sur mesure pour notre société du XXIème siècle, la nouvelle forme de charité (Oh ! Un gros mot !) qui vous va comme un gant si vous êtes branché : tous ensemble vers une société heureuse et solidaire !

… Prenez soin de vous !

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09 juin 2013

Le doux "quelque part"

Autrefois, quand on disait qu'on allait quelque part, personne n'était assez mal élevé, ou distrait, pour vous demander ce qu'on entendait par là. Quelque part, lieu indéfini, quelconque, lieu où l'on pouvait éventuellement situer ce qu'on ne voulait pas nommer : endroit intime, habituel destinataire du coup de pied, lieu d'aisance… Zone grise qu'on soupçonnait mais qu'on ne pouvait (ou ne voulait) pas  vraiment localiser. C'était aussi l'endroit introuvable, l'ailleurs absolu, mais garanti comme existant : Je ne l'ai pas perdu, je l'ai rangé quelque part.  

C'est cette indéfinition qui fait aujourd'hui la fortune de quelque part. 

Quelque part, je dirais que… Il me semble que quelque part… Ce quelque part étend sa douce imprécision sur des affirmations qui, toutes nues, sonneraient la pétition de principe, mettraient leur auteur en devoir de prendre ses responsabilités. Quelque part est modeste, il laisse la place à la contestation, au repentir. Quelque part invite votre interlocuteur à se promener dans un ailleurs mental qui reste à découvrir. 

Ailleurs béni puisque c'est là que ce siège l'évidence quelque part, on n'est jamais assis que sur son c., il faut bien reconnaître que , quelque part,... . Quelque part emporte l'adhésion, mais en douceur, sans polémique. C'est une expression de bonne compagnie, peu encombrante, facile à placer, toujours bien venue. Un de ces édulcorants, une de ces échappatoires dont a besoin notre bien-pensante époque. Avec lui, nul ne peut me reprocher de dépasser les bornes, de vouloir m'imposer en docteur de la loi et de la raison : toi ici et moi quelque part ailleurs.

Ah ! Se réfugier quelque part...

 

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21 mai 2013

L'orthographe, une science vivante

En orthographe comme dans le reste de la vie, demeurer sans faute et sans reproche est une tâche formidable. On pourrait même se demander si ce n'est pas un vain travail : qui peut se targuer de ne jamais faire de faute, sans parler de n'en avoir jamais fait une seule ? Je sais bien que la distraction est mon péché mignon et que je suis donc particulièrement exposée à la faute la plus difficile à parer, la faute d'inattention. Contre elle, je sais qu'il n'y a pas de parade infaillible. Qu'on en juge :

Ma plus belle faute d'orthographe, je l'ai commise dans une lettre de motivation rédigée pour obtenir un travail de correction ! Eh oui ! Une lettre lue, relue et re-relue. Mais (le diable se cache dans les détails) dans un dernier effort de perfection j'ai voulu rajouter une phrase au dernier moment. Ensuite, clic ! C'est envoyé. Horreur ! Au moment-même où je clique j'aperçois la faute dans la phrase que je viens d'ajouter, mais c'est trop tard. Un clic est un clic, même malencontreux. Il faut croire que le destinataire était aussi distrait que moi : il n'y a vu que du feu et j'ai obtenu le travail que je demandais.

Depuis ce temps, je mets en garde contre les insertions de dernière minute. Toute publication doit se terminer par une relecture attentive, jusqu'àu dernier ajout. Mais il y a bien une autre leçon à tirer de cette maladresse. C'est qu'on n'est jamais à l'abri de cette calamité : la faute d'orthographe. Mais pourquoi "calamité" ? Jusqu'à preuve du contraire, on n'en meurt pas. Certes, on n'en meurt pas, mais on en reste idiot... aux yeux des autres ! 

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17 mars 2013

Noir d'Encre sera présent à la Caravane littéraire de l'association Pré-Texte

Dimanche 24 mars 2013 l'association Pré-Textes, qui m'a récemment fait l'honneur de m'accepter parmi ses membres, arrête sa "Caravane littéraire" à Yzeure-Espace. Noir d'Encre y aura une table où je présenterai Des Visions et des songes et Gens de l'Allier, ainsi que mon travail d'écrivain public. 

Pour en savoir plus sur "Des Visions et des Songes" et son auteur, rendez-vous sur http://anneduprez.perso.sfr.fr/index.html

P1030731      

L'association "Apocope" sera là aussi pour faire partager aux visiteurs les joies de l'atelier d'écriture. 

Nous serons heureux de vous accueillir.

04 octobre 2012

Apocope à Yzeure

Donc en méditant sur le mot Apocope, son sens et sa sonorité, j'en suis arrivée au délire suivant :

D'après le dictionnaire : "Apocope : chute d'un ou de plusieurs phonèmes à la fin du mot" (par exemple "ciné - matographe, métro-politain).
Donc une abréviation d'usage courant dans notre monde de dingue où on est trop pressés pour dire les mots en entier.

Qu'y a-t-il donc de caché, d'abrégé, dans apocope ? Il y a "Ah !", il y a "peau", il y a "cope"

Ah ! Peau, cop. Ah ! Sauver la peau du copain !
Mais quel copain ? Simon, bien sûr, pour nous l'auteur du mot.
Sauver la peau de Simon.
En danger, Simon ?
Bien sûr, grand mangeur, gros fumeur, content de vivre en plus (un péché, ça !).
Mais comment sauver la peau à Simon ?
Un régime, tiens. Cope : couper. Coupons le régime à Simon.
Désormais plus de petits gâteaux, plus de vins, plus de bière, rien que de l'eau et 5  fruits et légumes par jour.
Mais pourquoi  5 ? C'est trop peu, 10 ou 15, c'est bien mieux.
Attention crie Maryse, des fruits, oui, mais bio !
Oui c'est ça, des fruits et légumes bio, sans traitement après récolte, ni avant, ni pendant, sans pesticides, sans alcool, sans paraben, sans huile de palme, sans sucre ajouté, sans filet, sans retour, sans…
Mais qu'est-ce qui va rester ? Pauvre Simon sans rien à manger !
Rien à manger, mais pour son bien. C'est pour lui sauver la mise. Sauver la mise, c'est sauver la peau, pas de doute car sous la mise (correcte, la mise, ça va de soi), sous la mise y a la peau, la peau du cop.
Hein, Simon ?

Mais on aurait pu dire "appeau", "co-op" (co-opération, collaboration) ce qui nous aurait conduits à une chasse à l'affût des petits oiseaux menée de conserve.
Ou bien" happe"," eau", "cop" = "attrape donc l'eau mon gars !" Et j'en vois d'autres, plus compliqués et moins convenables que je garde donc pour moi !

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