Noir d'Encre

18 janvier 2012

papilles et pépites

GoldNugget[1]Il y a une mode des mots comme des vêtements ou des endroits chics : aujourd'hui "pépite".

Pendant des mois, que dis-je des années, nos papilles ont été mises à toutes les sauces grâce à l'usage immodéré qu'en ont fait les médias. "Papilles d'Or", "papilles en folies", "papilles estomaquées" (si, si !), papilles frémissantes, réjouies, "papilles sur canapés" et jusqu'à l'injonction "A vos papilles" ! Papilles en blog, en bistrot, en revue, les papilles étaient partout où l'on parlait de nourriture. Car nous avons la chance de manger pour le plaisir et d'en être fiers... au point de parler papille comme on parle de cul (qu'on me pardonne !).

Mais voici que, sans abandonner les papilles, le parler à la mode a trouvé un nouveau gisement. C'est la pépite ! Pépite du web, pépites du salon de Montreuil, pépite de Volkswagen, d'Apple, du cinéma américain... Les mines d'or du monde entier se mettent à regorger de pépites en tout genre. Et surtout les journalistes utilisent la pépite comme faire valoir pour eux-mêmes : et qui c'est qui l'a trouvée, la pépite ?

Bon, d'accord, trouver de l'or chez Apple, ce n'est pas un exploit. Mais si c'est une pépite, c'est autre chose : la pépite, c'est le risque, c'est la persévérance, au bout du compte c'est la chance, c'est la prouesse, le cadeau des dieux ! La pépite est rare, or tout ce qui est rare est cher. CQFD

Quoi qu'il en soit, à force d'apparaître à tous les coins d'émissions ou de journaux, la pépite se dévalue, elle n'est plus d'or, même plus d'argent, de bronze à peine, mais de papier ou même simplement virtuelle, ce qui est un comble pour un morceau d'or brut. La pépite n'est plus rare, elle est partout, usée et abusée. Economisons-la, elle pourrait nous servir dans les jours de disette.

photo  English Wikipedia, original upload 30 May 2004 by Kowloonese
licence Creative Commons Paternité – Partage des conditions initiales à l’identique 3.0 Unporte

Posté par noirdencre à 15:53 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


21 novembre 2011

Noir d'Encre au Marché des Saveurs et de l'artisanat

Comme en témoigne cet article de La Montagne, nous étions là, et bien là , Béatrice Maillot et moi. Dès son entrée dMarché saveursans la salle, le visiteur était fasciné par le travail de Béatrice à l'enluminure (deux jours pour peindre une lettre !). Il ne me restait plus qu'à "l'alpaguer" comme l'écrit La Montagne, pour lui extorquer une contribution à mon dictionnaire extravagant.

Quelques trouvailles :

Juste en face de la date du jour, par un visiteur heureux et fier de l'être : Je parade au stand de l'écrivain public au Parc des Expositions. 
Elzevir : Ange protecteur et bienfaiteur.
Astéride : astéroïde qui a mal vieilli. 
D'une écriture enfantine : Césalpinacée : César dans les Alpes
Bouveter : Parler à tort et à travers. "Il vaut mieux se taire que de bouveter."
Lanugineux : "Les chemins lanugineux sur lesquels on se perd..."
Autocinétique : se faire son cinéma.
exoréique : en dehors de la forêt
Bichelamar : qui embrasse la mer
Bourdalou : grand spécialiste de la bêtise et des bourdes
grisofulvine : produit thérapeutique pour soigner la grise mine sur base naturelle.

Posté par noirdencre à 21:09 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
08 novembre 2011

Noir d'Encre au marché Saveurs et Artisanat à La Madeleine

logonoirdroit LNoir d’Encre sera présent sur le marché Saveurs et Artisanat organisé par l’association La Madeleine Moulins Rive Gauche, les 19 et 20 novembre 2011, Espace Villars, en face du Centre du costume de scène.
Je vous proposerai mes livres, "Gens de l’Allier" et "Des Visions et des songes", et aussi quelques jeux de mots, juste pour le plaisir.
Sur le même stand, Béatrice Maillot vous présentera son propre travail.

Posté par noirdencre à 12:57 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
26 octobre 2011

L'Académie française régit la faute avec modération

Une réflexion sur la lange française, ses us et les abus qu'on en fait, à travers le blog de Pierre Assouline (le Monde) et le site de l'Académie française.

Un de mes lecteurs assidus, connaissant ma passion pour les mots, m'envoie l'article suivant (Pierre Assouline, sur le site du jouranl Le Monde) : Ce qu’il convient de ne pas dire au niveau du langage. Et de fait, j'ai adoré ce texte et particulièrement la suggestion de voir l'Académie française ajouter à sa nouvelle rubrique des "éléments de langages". Cette proposition ridiculise tous les poncifs qui traînent dans nos médias et que récoltent servilement le reste de la société, comme « une lecture dont on ne sort pas indemne », « un écrivain-culte » ou « un roman incontournable », ou encore les épithètes "surréaliste", "kafkaïen" et "ubuesque" qui donnent, bien sûr, une touche culturelle, mais un peu répétitive et finalement banale, au discours qui en abuse.

De fil en aiguille et de clic en clic, je suis donc allée(1) voir la rubrique évoquée sur le site de l'Académie française. Mon premier plaisir a été d'apprendre que "le site de l'Académie française est en cours de rénovation et [que] le public pourra en découvrir les nouveaux contenus et les nouvelles fonctionnalités en 2012". Après une légère génuflexion mentale devant cette noble lenteur qui convient pour la restauration d'un monument historique, je fais ma petite visite à la fameuse rubrique "Dire, ne pas dire". L'appétit venant à cette belle lecture, je vais voir plus loin et je tombe finalement, sous l'onglet "La Langue française", sur un passage traitant de la réforme de l'orthographe.
Là encore, je dois avouer mon ignorance. Je ne savais pas que l'Académie nous avait autorisés (mais pas encore obligés) à certaines facilités. Par exemple pour le pluriel des mots composés (des perce-neiges, des garde-malades) ou la mise en adéquation des accents avec la prononciation courante (règlement, évènement), ou avec l'introduction de mots étrangers prononcés à la française (diésel...). Quel bonheur ! Quel plaisir ! Merci l'Académie ! Moi qui me mettait encore la rate au court-bouillon pour respecter des règles désuètes et tellement compliquées, je me sens légère, légère...
Mais voilà que soudain l'angoisse me reprend : et si parmi mes clients et mes lecteurs pointilleux mais ignorants les facilitésdu régime académicien, il se trouvait quelques pinailleurs pour dauber sur mes FAUTES d'ORTHOGRAPHE ? Ciel ! Que dois-je faire ? Suivre tout doucement les allées ouvertes par la bénigne académie ou continuer sur les chemins escarpés de l'orthographe de papa ? La lecture des forums d'écrivains publics ne me rassure pas sur la question : de partout, on me guette, on me juge. Ma réputation est toujours à faire !
Pour calmer cette angoisse, je m'en vais faire un petit tour à l'étang : à tout chagrin son Etang neuf 006Lremède, le mien est dans la nature.
(1) D'après Le Bon usage, la graphie "je suis allé voir" serait une licence courante dans le français moderne, et donc l'orthographe "je suis allée voir" pourrait être considérée comme puriste. Qu'on se le dise, la prochaine fois j'écrirai "je suis allé voir" qui me paraît plus près du sens.

Posté par noirdencre à 11:06 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,
24 octobre 2011

La faute et l'orthographe

orgueRegardons avec indulgence les "fautes" des autres pour éviter de nous trouver épinglés nous-mêmes, à tort ou à raison.

Amour, délice et orgue ! Quelle poésie dans ces trois mots qui ont enchanté mes cours d'orthographe ! Comme c'était merveilleux d'imaginer les raisons certainement prodigieuses qui faisaient de ces trois mots des personnages insolites de la grammaire, masculins au singulier, féminins au pluriel ! Pourquoi les grandes orgues, comme les grandes marées ou les grandes eaux, mais un seul orgue dans l'église ? Quant aux délices et aux amours, leur féminisation au pluriel me faisait chaud au cœur.

Mais l'espace ? Oui l'espace qui reste normalement masculin dans tous les cas : les grands espaces, aller dans l'espace... Pourquoi est-il féminin entre deux lettres ? Une espace en typographie. Si j'en connaissais la raison, il me resterait tout de même un problème, en tant que professionnel de l'écriture : si j'écris "une espace" quand il s'agit de typographie, qui, en dehors des typographes, va connaître cette subtilité de la langue que j'ignorais moi-même il y a peu ? Est-ce que je ne cours pas le risque d'être accusée de faute, même si j'ai raison ?

L'orthographe est affaire de convention et de consensus

Voilà tout le problème que je voudrais souligner aujourd'hui : l'orthographe est affaire de convention et de consensus, quoi qu'on en pense. L'Académie aura beau réglementer, autoriser ou interdire, prononcer "des zharicots" fera toujours de vous un plouc dans certains milieux, quand l'expression "les amours scandaleuses" soulèvera les ricanements ailleurs. Qu'importe, dira-t-on, l'essentiel est de préserver la beauté et la richesse de la langue. Voire. Le problème de l'écrivain public est ailleurs. Qu'on en juge :

Un audacieux me corrige de toute la hauteur de ses certitudes "voit" au lieu de "voie" dans l'expression : "soit qu’il n’ait jamais vu soit qu’il ne voie plus". Mes propres certitudes en ont été si ébranlées que j'ai vérifié aussitôt l'orthographe de voir au subjonctif ! J'essaie de lui dire qu'il se trompe, il ne m'entend même pas. Une autre fois on me reproche un texte collectif dont on croit que je l'ai écrit. Que faire ? Me disculper ? Dénoncer l'auteur de la faute ? Ridicule, non ? D'autant plus que, des fautes, il m'en échappe aussi comme à tout un chacun.

La faute d'orthographe : le péché de la chaire

En France, la faute d'orthographe est un péché. Pour quelqu'un qui fait profession d'écrire, c'est le pire : le péché de la chaire. Chacun repère en effet celui des autres mais reste aveugle au sien. J'en conclus qu'il ne faut corriger les autres qu'avec beaucoup de modestie et jamais si on n'en a pas été prié d'abord, de peur de se faire un ennemi juré !

Posté par noirdencre à 22:28 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,




20 octobre 2011

Onomatopées, suite et fin

AAAA-F~1Tradéri déra est tellement plus raffiné que le simple tralala précédemment évoqué. Ce sont les vocalises de la bergère d'opérette sur sa balancelle. Le tralala,  le "grand tralala" et même "tout le tralala" n'ont qu'à bien se tenir ! tradéri déra leur fait la nique et se rit de leur snobisme et des "flonflons" de la fanfare.

Tagada, tagada, tagada tsoin tsoin ! Il n'y a pas que les fraises qui font tagada mais aussi les chevaux lancés au  galop de la grande aventure. Et pourquoi tagada ? A cause du rythme ternaire du galop, bien sûr ! Alors que le trot rythme à quatre temps. A preuve ? Le clipiti clop du cheval de Lucky Luke quand il lui manque un fer.

Mais tsoin tsoin ? C'est le final d'une musique joyeuse et entraînante, les derniers accords plaqués pour dire que c'est fini, un pied de nez pour clore la musique comme la moquerie, une sorte de "nananè-reu !" en plus gaillard et moins méchant.

Revenons au cheval. "Hue, cheval !" crie le charretier après son cheval ou sa mule. Un Dia ! plus lent et plus grave arrête l'animal qui ne demande que ça. Quant à "Tirer à hue et à dia", c'est se comporter non seulement en animal, mais en animal stupide et désordonné, plus bête qu'une mule ou un cheval de trait.

Vlan ! Une claque. Vlan ! une autre. Vlan ne tape tout de même pas très fort : on n'en meurt pas. Mais vlan n'est plus à la mode : ce n'est plus un péché c'est un crime.

Enfin pour terminer en musique quelques coups de cymbales : Zim ! ZIim ! Zim la boum !

Chut ! Ecoutez bruire le monde.

Posté par noirdencre à 11:15 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
04 septembre 2011

Ateliers d'écriture à Moulins

Comme le reste du monde, les ateliers d'écriture font leur rentrée. Du nouveau cette année à Moulins. Enfin, pas tout à fait à Moulins, mais à Yzeure et Avermes.

Avermes d'abord : j'animerai un atelier d'écriture sur le thème "écrivez une nouvelle policière" à la médiathèqie d'Avermes durant 8 samedis du premier trimestre (de 10 h à 12 h, les 8, 15, 22 et 29 octobre, 5, 12 et 26 novembre et le 3 décembre). L'atelier n'aura lieu qu'avec un minimum de 5 participants et un maximum de 10. Il s'agit, pour chacun, d'écrire sa propre nouvelle policière sur le thème qu'il choisira lui-même.
Une participation de 5 euros au total pour les huits séances est demandée par la mairie d'Avermes.
Renseignements au 04 70 46 62 43 et médiatheque@mairieavermes.fr.

Yzeure ensuite : notre atelier moulinois a enfin trouvé un toit au foyer de la Baigneuse à Yzeure. Pour l'obtenir, il lui a fallu se donner une identité et des statuts officiels. Le goût de Simon pour les sonorités graves et les significations mystérieuses nous a fait choisir Apocope pour désigner notre nouvelle association, déclarée à la préfecture de Moulins. C'est dans ce cadre que nous continuerons à pratiquer l'écriture chaque mardi soir de 18 h 30 à 20 h 30 à partir du mardi 13 septembre. Curieux, écrivains enragés, amateurs, débutants... vous êtes bienvenus.
Renseignements au 04 70 43 83 22 ou 06 74 49 74 40 et apocope03@gmail.com.

Posté par noirdencre à 09:40 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,
11 août 2011

APOCOPE - Faire-part de naissance

08-10 Apocope 00108-10 Apocope 003

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Simon et Maryse lors de notre dernier atelier, planchant sur l'exercice suivant :
"Dites-moi qui je suis, qui vous êtes et de quelle façon nos destins sont mêlés." Inventez le contexte dans lequel cette phrase a été prononcée. Le lieu, les personnages, donnez-leur un passé, une histoire.

Simon et Maryse ont le plaisir de vous annoncer la naissance d'A.P.O.C.O.P.E., nouvelle association basée à Yzeure, qui a pour but la pratique hebdomadaire de l'atelier d'écriture.
Si vous êtes intéressé, vous pouvez nous joindre sur le mail de l'association :  apocope03@gmail.com

Et pourquoi "APOCOPE ?" Association pour l'organisation de corrections et d'orgies pénibles et energiques ? Activité des poulets ombrageux contre les ombellifères propres à l'enregistrement ? Quoi encore ? Nous vous attendons pour le savoir ! Ce sera notre premier jeu de mise en train de l'année à venir. Il y aura aussi un blog d'Apocope. Nous vous le ferons savoir en temps et heure.

Posté par noirdencre à 08:52 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,
11 juillet 2011

Linda 1

1
Linda, c'est une grande poule.
Pas grosse, grande.
Pas vieille, grande.
Elle est grande car, bien que jeune, elle sait ce qu'elle veut.

2
Linda est là…

Dans le poulailler,
Entourée de ses aînées.
Elle arpente, elle gambade en agitant les ailes,
Et regarde d'en bas, les arbres là-haut.

3 
Quand elle regarde au-delà des arbres,
Encore plus haut
Elle voit des oiseaux.
Ils traversent le ciel de droite à gauche.

Ces oiseaux là, ils volent.

4
Alors Linda, quand elle les aperçoit,
Crie à qui veut l'entendre :
- Mes sœurs dites moi pourquoi,
Ces oiseaux passent si haut ? "

- Mais tu ne le vois pas,
Ces oiseaux là, ce sont des oies.
Elles sont sauvages et libres
Elles font ce qu'elles veulent quand elles volent.

- Moi je veux être une oie!
- Pourquoi ?
- Parce qu'elles volent là haut pendant des heures, pendant des jours. "
- Mais tu es une poule. Tu ne peux pas.
- Je vois pas pourquoi !

5
Alors un jour Linda s'échappe
Elle sort du poulailler pour y aller…
Elle part les retrouver…
Les oies.

6
- Bonjour mesdames
- Bonjour Linda, bienvenue à toi.

Placée au creux d'un dos, entre deux ailes, Linda s'en va.

7
Les oies avancent dans le ciel en formant un grand " V ",
Elles sont bien organisées
Et fendent l’air
Elles filent au dessus de la terre,
Elles sillonnent l'univers.

Début d'un texte de Simon. (La suite au prochain numéro)

Posté par noirdencre à 10:14 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags :
28 juin 2011

Polar à Avermes

Une énigme policière vous attend à la médiathèque d'Avermes.

Demandez-la et laissez vos coordonnées. Vous serez convoqué à la rentrée pour confronter votre réponse à celles des autres détectives amateurs. Si vous le désirez, vous pourrez vous inscrire à l'atelier d'écriture animé par Anne Duprez et consacré à la rédaction d'une nouvelle policière.

Pour tout renseignement :

Médiathèque d'Avermes
Espace Culturel "La Passerelle"
Place Wormser
03000 AVERMES
Tél : 04 70 46 62 43
mediatheque@mairieavermes.fr

Heures d'ouverture :
Mardi et vendredi de 14h à 19h
Mercredi de 9h à 12h et de 14h à 19h
jeudi de 9h à 19h
Samedi de 9h à 12h.

Ou Anne Duprez : duprez.noirdencre@yahoo.fr
(06 74 49 74 40)

Posté par noirdencre à 08:46 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,